Aller au menu | Aller au contenu

Ce séminaire se déroule le jeudi 20 janiver 2022, de 9h30 à 12h30, à l'Espace Grand Arche de l'Hôtel du Département des Hauts-de-Seine.
Inscription auprès d'Isabelle Carpentier – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les politiques de solidarité sont au coeur de l’Etat providence. Elles font souvent l’objet de critiques, concentrent les frustrations, mais elles jouent un rôle majeur de régulation des injustices sociales et de protection auprès des plus fragiles. Elles sont également sources d’espoir et nécessaires pour l’écosystème d’acteurs de l’action sociale auprès des plus démunis. Elles sont au centre des missions des départements, chefs de file de l’action sociale sur les territoires.

Cependant les maux de notre société évoluent grandement ces dernières années, la crise sanitaire liée à la COVID-19 a, quant à elle, accéléré certaines tendances. L’empreinte géographique de la pauvreté, sa nature même, comme celle des inégalités de richesse, sont devenues complexes. Elle touche les adultes, mais aussi les personnes âgées et de plus en plus les jeunes et les enfants.

Que signifie une société « juste » ? Comment garantir l’équité face à l’aide tout en défendant les valeurs d’égalité de traitement du service public ? Quels sont les sujets éthiques que cela pose dans le domaine social ?

La colère sociale gronde, qu’elle vienne des ronds-points, des banlieues, des marches pacifistes. Elle se traduit de plus en plus par un vote réactionnaire au détriment d’un débat démocratique. Du point de vue prospectif, elle est perçue comme le risque ayant le plus d’effets potentiellement négatifs sur la santé économique et politique d’un pays.

Dans ce contexte, quel diagnostic apposer à ces fragilités ? Comment faire preuve de justice sociale alors même que les besoins vont grandissants et que la société est de plus fragmentée, ce qui nécessite des approches particulières voire singulières ? Comment les fragilités plus récentes liées à la pandémie COVID-19 se rajoutent-elles à celles préexistantes ?

Face aux vulnérabilités nourries par la mondialisation (montée des inégalités sociales et de richesse, stagnation de la grande pauvreté, baisse du pouvoir d’achat des classes moyennes des pays occidentaux, déplacement de la classe moyenne vers l’Asie, etc.) et celles plus spécifiquement liées à notre pays (augmentation du non-recours, phénomène « NEET » des jeunes sans formation ni emploi, chômeurs de longue durée, manque de logement social, etc.), quelles sont les priorités pour pouvoir agir durablement ? Comment les différents acteurs locaux de l’écosystème d’aide sociale peuvent-ils mieux répondre aux besoins ? Quelles sont les conséquences pour les politiques de solidarité et, plus particulièrement, pour l’action départementale ?

Les intervenants

Antoine Arjakovsky est docteur en histoire de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Après avoir travaillé douze ans comme attaché culturel et conseiller de coopération linguistique et éducative pour le compte du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, il est devenu en 2011 directeur de recherche au Collège des Bernardins à Paris. Spécialiste de l’Europe centrale et orientale, il a créé en 2018 une Commission Vérité, Justice et Réconciliation entre la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne. Il a publié plusieurs ouvrages sur les questions politiques et religieuses, notamment un essai intitulé Pour une démocratie personnaliste en 2013. Son dernier livre, rédigé avec une cinquantaine de chercheurs et édité par Hermann en 2021, s’intitule Votez Fraternité ! Trente propositions pour une société plus juste.

Julien Damon est enseignant à Sciences Po, à HEC, et à l’École nationale supérieure de sécurité sociale (En3s). Chroniqueur aux Échos et au Point, il été directeur des études à la Caisse nationale des Allocations Familiales (CNAF), chef du service Questions sociales au Centre d’Analyse Stratégique, Président de l’Observatoire national de la pauvreté de l’exclusion sociale, membre de cabinets ministériels. Il a publié plus de vingt-cinq ouvrages sur les questions sociales et urbaines.

Jean-François Delfraissy est président du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé depuis décembre 2016 et président du Conseil scientifique Covid-19 depuis mars 2020. Le Comité consultatif national d’éthique est devenu un acteur essentiel qui porte à la connaissance du grand public des réponses sur les grands sujets éthiques de santé et du vivant. Son rôle est d’éclairer l’action publique. Récemment, il a proposé plusieurs avis et rapports avec la politique vaccinale anti-Covid19 du gouvernement, sur la bioéthique, la protection à l’égard des seniors dans les EPHAD, etc. Jean-François Delfraissy est médecin et professeur d'immunologie spécialisé dans les maladies émergentes, et a notamment travaillé pendant de longues années sur le SIDA.