Cahier numéro 12 - page 10

l’ensemble des administrations intéressées par la démarche des tiers-
lieux : les approches peuvent être adaptées au contexte et aux enjeux
spécifiques à chaque territoire. À noter que lorsque la démarche du
coworking
est poussée au bout de sa logique en termes d’animation, de
collaboration et de créativité, elle s’apparente de fait à celle du labora-
toire d’usages propice à l’accélération d’idées, voire à l’innovation.
• Services à la personne
« Nous vivons dans une nouvelle économie
dont le moteur est la technologie ; le carburant, l’information ;
et le pilote, la connaissance. »
Les services à la personne sont des briques du tiers-lieu permettant
d’enrichir le quotidien des individus ou de réduire le coût de leur vie en
dehors du cadre strictement professionnel. Ils revêtent donc une impor-
tance toute particulière dans les territoires ruraux. Ainsi, un espace
de médiation numérique, une « wikischool » ou encore une épicerie
solidaire peuvent constituer des relais de valeur ajoutée qui viendront
enrichir l’offre de services du tiers-lieu, permettant d’en faire un véritable
lieu de vie où se croisent les habitants du quartier ou de la ville.
Quels liens entre le tiers-lieu et l’entreprise ?
L’entreprise face à la transformation numérique
Les entreprises sont aujourd’hui toutes confrontées à l’enjeu de la
transformation numérique. Les TIC et leurs usages dérivés modifient
en profondeur les règles du jeu : évolution des marchés (intensification
de la concurrence, évolution des attentes du client vers une relation de
proximitéet personnalisée), évolutiondes chaînes devaleur (modification
des structures de coûts impliquée par la digitalisation des processus,
exigences en termes de RSE) et évolution des attentes des salariés
(qualité de vie au travail via une autonomie et une mobilité accrues,
besoin d’apprentissage tout au long de la vie, recherche de sens dans
le travail…).
Face à ces changements de fond, les organisations commencent à réagir.
L’évolution des marchés se traduit par un remaniement des modèles
économiques, le chamboulement de la chaîne de valeur par la recherche
d’une meilleure coordination avec les fournisseurs et l’ensemble des
parties prenantes de l’organisation, et l’évolution des attentes des salariés
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du développement web avec des évènements comme les hackathons
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,
la logique du « hacking » s’est progressivement étendue à d’autres
domaines d’activités.
- Le
hackerspace
« originel », rassemblement de développeurs informa-
tique / web pour le développement de nouvelles applications.
- Le
fab lab
,
makerspace
ou laboratoire de fabrication, explore de plus en
plus les usages qui se développent autour du procédé de la fabrication
additive (ou impression 3D). Mais au-delà de l’engouement actuel pour
l’impression 3D, le
fab lab
est avant tout un espace de prototypage
permettant à des créateurs, designers, inventeurs et autres bricoleurs
de tester leur idée sur un support matériel en trois dimensions, notam-
ment grâce à la mise à disposition d’un atelier tout équipé et d’un
accompagnement des usagers par le tiers-lieu. Au-delà de l’usage pro-
totypique du fab lab, on trouvera très souvent un usage plus répandu
d’atelier de réparation, « espace bidouille » ou
do it yourself
(DIY).
- Le
medialab
, ou laboratoire de recherche media, explore de nouveaux
usages gravitant autour des TIC, de la culture digitale et des nouveaux
médias. De la médiation culturelle à la production de contenus créatifs
en passant par le développement de programmes de partage de
connaissances ou d’éducation, le medialab est un outil très versatile,
fonction du contexte dans lequel il est créé, financé et utilisé.
- Le
biohackerspace
, ou laboratoire de biotechnologies, rend accessible
à un public large la réflexion sur la biologie et ses applications au
service de la communauté. Ainsi, à Paris, la Paillasse rassemble des
membres originaires de tous les milieux, et héberge des projets ayant
attrait à l’énergie solaire, le séquençage de l’ADN, l’intelligence artifi-
cielle, etc.
Si les quatre types d’espaces de création mentionnés ci-dessus sont
les plus populaires, le concept est en fait aujourd’hui décliné à l’infini,
pour tous les domaines faisant appel à la créativité et à la collaboration :
textilab
(créations collaboratives mode & numérique),
coglab
(explora-
tion des sciences cognitives),
flylab
(drones & numérique), etc. Cette
diversité des approches expérimentales est une bonne nouvelle pour
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(12) Évènement de programmation informatique collaborative – à l’origine, rassem-
blement de développeurs organisés par équipe autour de porteurs de projet avec
l’objectif de produire un prototype d’application en quelques heures (Wikipedia).
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