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CG92/WILLY LABRE

Ils sont cinq ce jour-là à avoir répondu à l’invitation, réunis à Boulogne-Billancourt dans la maison Albert-Kahn. « Des candidats malheureux qui n’avaient pas été retenus. Mais à qui il manquait peu de choses », explique Stéphane Travert, chef de service entreprise et innovation au sein du conseil général. Ils avaient tenté leur chance pour l’appel à projets d’économie sociale et solidaire du Département en 2012 ou 2013. En vue d’une éventuelle nouvelle candidature, ce dernier leur a donc proposé un atelier avec deux « coachs » d’Imagination for People et l’outil que la société a créé : My Social Business Model. En effet, ces six derniers mois, les candidats à l’appel à projets pouvaient peaufiner leur dossier grâce à cette plateforme d’aide à l’élaboration de projets entrepreneuriaux. Une expérimentation née des réflexions menées dans le cadre des Entretiens Albert-Kahn, le laboratoire d’innovation publique du conseil général. Une centaine de candidats s’en sont servis et un bilan doit être dressé en début d’année.

Mais revenons à l’atelier. Après un tour de table où chacun a pu se présenter ainsi que son projet, les deux animateurs François et Gautier expliquent le principe de cet « outil pédagogique aidant à formuler la stratégie et le modèle du projet ». Le canevas repose sur huit critères : challenge social, co-création, facilitants, solvabilité, pérennité financière, compétences clé, impact et passage à l’échelle. Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, le groupe se divise en deux et s’exerce sur un cas concret : le réseau Cocagne qui regroupe une centaine de jardins collectifs à vocation d’insertion sociale. L’idée est de « savoir se poser les bonnes questions ».

Après ce « cas de reconstruction », place à la dernière étape : « l’atelier de co-création ». Chacun leur tour, les participants détaillent leur projet devant les autres. Ensuite, ces derniers, selon un rôle qu’ils ont tiré au sort, donnent leur avis : pistes de développement, points à creuser, aspects positifs du projet… Au bout de quatre heures de travail, tous semblent satisfaits. Marie-Thérèse aimerait ouvrir un espace où les artistes et artisans, jeunes, précaires ou sans emploi pourraient exposer leur travail. Cette après-midi, elle a été confrontée à des questions auxquelles elle n’avait pas pensé. Elle va notamment devoir préciser « l’impact social et l’impact économique » de son projet. Marie-Louise, elle, travaille pour l’insertion professionnelle des personnes souffrant de « troubles Dys » : dyslexie, dysphasie, dyspraxie. Elle a trouvé cet atelier « très enrichissant ». « Les exercices m’ont permis de toucher du doigt toute la phase de construction du business model et de savoir qu’il vaut mieux ne pas le faire seule ou alors d’essayer d’imaginer comment notre projet va être perçu par quelqu’un d’extérieur. » Elle sait qu’elle va devoir détailler « les perspectives d’évolution » de son projet avant de candidater à nouveau.

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