Cahier numéro 12 - page 27

En dix ans, l’offre de tiers-lieux dans les Hauts-de-Seine s’est transfor-
mée. On a observé une diversification rapide des tiers-lieux présents sur
le territoire. Pour autant, cemouvement résultant d’initiatives publiques
et privées non concertées, la couverture du territoire par des tiers-lieux
n’est pas homogène.
Un département initialement très marqué
par des centres d’affaires
Il y a dix ans, le département des Hauts-de-Seine était caractérisé par
la forte présence des « centres d’affaires », à savoir des espaces dédiés
à l’accueil d’individus pour l’exercice spécifique de leur activité profes-
sionnelle. Ainsi, Régus, Multiburo, ATEAC, Cides entre autres étaient
fortement implantés, notamment autour du quartier d’affaires de La
Défense et à Boulogne-Billancourt. Il est à noter cependant que les
centres d’affaires ont d’eux-mêmes progressivement évolué en complé-
tant leur offre de services par des prestations d’animation comme des
petits-déjeuners entre professionnels afin de favoriser des rencontres
entre leurs utilisateurs.
En 2011 et 2012 : apparition des premiers
espaces de
coworking
construits autour de la
notion de communauté
Un premier tournant s’amorce autour des années 2011 et 2012 avec
l’éclosion d’espaces de
coworking
qui se pensent comme tels et qui se
construisent autour de l’idée de communauté, autour de valeurs comme
le partage, la collaboration, l’échange et la recherche d’innovation.
Des espaces de
coworking
se montent comme à Nanterre par exemple
avec Jokkolabs. Un
fab lab
ouvre ses portes à Gennevilliers et plus
récemment à Clichy, un espace (Intensity) mêle des espaces de bureaux
classiques avec des ateliers également disponibles à la location.
Depuis 2014, on observe le développement de
projets de tiers-lieux explicitement ouverts sur
leur territoire d’implantation
S’ils reprennent volontiers à leur compte les valeurs de partage et
d’échange des espaces de
coworking
, ces initiatives se pensent comme
de véritables projets de territoire. Le tiers-lieu devient alors un espace
de passage ouvert sur la ville et son environnement local. En témoigne
par exemple leur volonté d’accueillir des associations, d’y organiser des
points de distributions pour des Amap, etc.
Seul le projet de Sceaux Smart a été conçu en concertation avec les
habitants de la commune. Les autres projets (Casaco à Malakoff ou
Bureaux et compagnie à Antony) illustrent l’apparition de tiers-lieux
explicitement ouverts sur leur territoire. Cette dernière génération re-
lève pleinement de ce que l’on appelle des « tiers-lieux » (comme défini
précédemment). Pour autant, aucune de ces initiatives ne se présente
encore spontanément sous cette appellation.
Elles ont également en commun d’avoir reçu une aide d’une collecti-
vité territoriale (commune, Conseil général et/ou Région Île-de-France).
Cette aide dans certains cas a été de nature financière. Dans d’autres, il
s’agit d’un soutien organisationnel, pour la structuration du projet ou en-
core d’un relais de communication pour faire connaître le lieu au public.
Il est aujourd’hui difficile de savoir si ces initiatives sont proches des
collectivités, ce qui les amènent par la suite à être proches de leur
territoire, ou bien si à l’inverse, c’est parce qu’elles se pensent intrin-
sèquement comme des projets de territoire que par conséquent, elles
se rapprochent des collectivités. Les dernières initiatives recensées
semblent plaider pour le second scénario, mais il est encore prématuré
de statuer sur ce point.
Héritage de son organisation passée, le Conseil général est en capacité
de cerner les demandes en bureaux émanant des entreprises. Elle doit
être renforcée aujourd’hui d’un meilleur recensement de l’offre en
tiers-lieux. Encore récemment, l’organisation du Conseil général, et plus
particulièrement celle de son pôle Attractivité et Emploi accueillait un
service immobilier dédié, en contact avec les entreprises et les acteurs
alto-séquanais de l’immobilier.
Les demandes adressées par ces entreprises au Conseil général portent
alors sur :
- des locaux flexibles : dans le contexte économique actuel, les
entreprises et plus particulièrement les jeunes créateurs cherchent à
pouvoir s’installer rapidement, libérés des contraintes des baux com-
merciaux classiques, impliquant des durées de location de trois, six ou
neuf ans ;
- des locaux offrant des tarifs attractifs, inférieurs aux loyers dumarché
immobilier privé notamment pour les jeunes entreprises ;
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